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Les équipes régionales

[mercredi 27 janvier 2016 18:46]

Caricaturecaricature

Le dessin représente un personnage barbu, habillé d’une grande robe. Il porte une mitraillette en bandoulière et un couvre-chef fait d’un triangle auquel un œil est accroché. Sa robe et sa barbe sont maculées de rouge. L’image qui évoque la tuerie du 7 janvier 2015, est parue à la une de Charlie hebdo avec ce commentaire : « un an après l’assassin court toujours. »


Certains protestent, car ils pensent que c’est leur dieu qui est ainsi caricaturé et accusé d’un crime odieux. Ce n’est ni la première ni la dernière fois que des hommes font endosser à un dieu, auquel souvent ils ne croient pas, des meurtres perpétrés par des hommes.

Pour d’autres croyants et notamment pour la grande majorité des membres de notre synode régional qui, à propos du carnage du 13 novembre, ont voté un vœu allant dans ce sens, ce dieu-là, fou de colère et grinçant des dents n’est pas leur dieu, n’est pas notre Dieu. Il n’est tout simplement pas Dieu, mais une dangereuse projection de ce que la peur peut faire éprouver aux humains de plus pervers et de plus néfaste.

Lorsque qu’il apprit les tueries de janvier 2015, le pasteur Jean-Pierre Molina qui pratique aussi l’art de la caricature, a dessiné un grand Christ en croix, criblé de balles. Ce dessin se trouve aujourd’hui au cœur d’une exposition sur les rapports entre Bible et caricature, une exposition intitulée « traits d’esprit – des images pour ne pas se prosterner ». Elle va très bientôt sillonner notre région. Ce dessin suggère une autre lecture de l’histoire, une lecture selon laquelle Dieu, Allah, la divinité… n’est pas à chercher derrière, mais devant les fusils des assassins.

Quand on tourne la page où s’affiche le dessin du dieu sanglant de Charlie hebdo, on trouve le récit minute par minute de ce qui s’est passé le 7 janvier 2015. Ce récit est illustré par un grand dessin rassemblant toute l’équipe du journal, les vivants et les morts. Ce dessin reprend la cène de Léonard de Vinci, le repas à l’issue duquel Jésus a été assassiné.

Jean-Pierre STERNBERGER,
Bibliste pour la région Centre-Alpes-Rhône

Réveil n°482 - février 2016