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Réveil avril 2014

On a coutume de dire que l’arbre de la connaissance du bien et du mal, dans le récit de la Genèse, est un pommier, puisqu’Eve a mangé une pomme ! Rien n’est moins sûr car la fameuse pomme n’en était pas une !
Mais poursuivons : pourquoi ne pas considérer alors que cet arbre est plutôt une plante grimpante : la passiflore ? Il donne un fruit acidulé : le fruit de la passion. Adam et Eve auraient-ils donc mangé du fruit de la passion, déclenchant la colère de Dieu et faisant émerger les passions humaines ?
Ce fruit, symbole de l’amour passionné de Dieu pour sa création, serait aussi celui qui, ingéré, donnera à l’être humain sa chaleur, sa sensibilité, ses élans mais aussi sa souffrance. Car le terme est polysémique. Il évoque en même temps la ferveur, l’amour, l’engouement, l’émotion… et la souffrance, la faiblesse, la déraison, le fanatisme…
Comme la raison, la passion a ses limites, même si aujourd’hui il est bon d’en avoir : passion pour quelque chose (livres, cuisine, sport, cinéma, musique…), passion pour une cause, passion pour quelqu’un.
En ce mois d’avril, mois où le temps liturgique est celui de la passion du Christ, de sa mort et de sa résurrection, notre dossier ouvre le livre des relations entre l’homme et Dieu.
L’amour de Dieu, fil d’Ariane de la Bible, est passionnel. Tour à tour en colère, jaloux, aimant, attentionné… il est allé jusqu’à « donner son fils unique, pour que quiconque met sa foi en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jean 3.16).
L’être humain, quant à lui, a toujours eu du mal à comprendre cet amour-là, doutant de sa pleine réalité, et préférant s’en remettre à lui-même et à ses propres passions pour lui-même. Il se perd alors dans le fanatisme, s’emploie à captiver-capter l’autre, s’enfonce dans la souffrance où toute passion extrême aboutit. Pourtant, vivre ses passions et de passions ne peut qu’être espéré pour chacun et chacune si tant est que soit rappelé le geste d’amour de Dieu, la vie, la mort et la résurrection du Christ, le serviteur qui a porté nos souffrances (Esaïe 53.4).
Le fruit était bien celui de la Passion.