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Réveil octobre 2014

Nous aurions pu intituler le dossier du mois « 0,01% » pour signaler combien les Eglises protestantes sont ultra minoritaires au Sénégal. On attribue à Léopold Sédar Senghor cet aphorisme : « Nous sommes 90% de musulmans, 10% de chrétiens et 100% d’animistes ! » Parmi ces 10% de chrétiens, les Eglises protestantes représentent de toutes petites communautés, certaines fragiles, d’autres dynamiques. Elles sont en revanche toutes confrontées chaque jour à la très importante majorité musulmane.
Je rédige ces lignes au lendemain de la décapitation d’un troisième ressortissant occidental tombé aux mains de « l’Etat islamique » en Irak. Cette cruauté et cette barbarie ne relèvent évidemment pas de la religion et les voix s’élèvent de plus en plus fortement dans le monde musulman pour dénoncer cette instrumentalisation de l’Islam. Mais insidieusement le doute s’immisce dans les consciences. Les religions ne sont-elles pas à l’origine de cette violence ? L’islam ne porte-t-il pas le germe de cette violence… même quand les commentateurs essaient pourtant de distinguer entre Islam et islamisme ? Depuis la deuxième guerre d’Irak et le discours va-t-en-guerre de Georges W. Bush, le choc des civilisations entre monde chrétien et monde musulman s’enracine dans des conflits de plus en plus nombreux, où le terrorisme djihadiste justifie ses velléités de domination par l’argument religieux.
Dans cette actualité marquée par la violence et l’affrontement, l’exemple du Sénégal apparaît comme un contre-exemple bienfaisant. Les Eglises protestantes travaillent en bonne harmonie avec les voisins musulmans : tel projet de dispensaire se fera sur des terrains donnés par la communauté musulmane, telle responsable de l’Eglise est aussi musulmane sans avoir du abandonner sa foi…
Nous espérons donc que ce dossier vous permettra d’aller au-delà des cartes postales du Sénégal, mais aussi au-delà des a priori sur les relations entre chrétiens et musulmans.