Imprimer

Bénir (2) La bénédiction… une résurrection ?

[lundi 9 juin 2014 17:05]

par Pasteur Isabelle PIERRON

Comme Jean Dietz l’a rappelé le mois dernier, le thème de la bénédiction est celui des prochains synodes. Les Eglises peuvent s’adosser, pour mener leurs réflexions, aux deux exemplaires d’Information-Evangélisation, écrits pour l’occasion. Isabelle Pierron a abordé le thème dans son Eglise.

J’ai lu le numéro 1-2 d’une traite et en ce temps où nous faisons mémoire de la Passion et de Pâques, il me vient à l’esprit qu’il y a de la résurrection dans la bénédiction. Je m’explique.
Rappelons-nous d’abord qu’une bénédiction est une parole qui dit du bien, qu’elle est bonne à entendre, bonne à recevoir, bonne à vivre. Et qu’elle est une parole donnée d’un Autre à un autre. Il s’agit donc d’un entre-deux, dans une relation où chacun a sa place. L’un donne, l’autre reçoit. Enfin, elle est « efficace », elle porte effet, si celui ou celle qui l’entend, la reçoit en vérité, la croit « sur parole » et la met en vie.

La promesse et la fidélité
C’est drôle de lier bénédiction et efficacité, non ? Pourtant… faites-vous vraiment attention à cette parole de bénédiction qui clôt chaque culte ? La recevez-vous pleinement pour ce qu’elle est ou l’attendez-vous impatiemment pour filer ailleurs ? Je sais qu’il y a plusieurs paroles de bénédiction dans nos cultes : la salutation, le don de la grâce, l’invitation au repas par exemple. Mais la dernière bénédiction n’est-elle pas comme un cadeau pour la route ? Ne faut-il pas la recevoir pour soi, prendre son temps pour la comprendre, la saisir au plus juste de ce qu’elle annonce ?
Prenons un exemple. Dans Esaïe, « Quand les montagnes s'éloigneraient, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s'éloignera point de toi, et mon alliance de paix ne chancellera point, dit l'Eternel, qui a compassion de toi » (Esaïe 54.10). Promesse et fidélité de l’Eternel dans toutes les épreuves qui mettent à mal l’équilibre de nos vies. Croire sur parole ? Oui, par la foi et la confiance. Quand votre vie sera chamboulée par l’épreuve, l’amour et l’alliance de l’Eternel seront votre roc, votre forteresse et votre bouclier.

L’un donne, l’autre reçoit
Si vous croyez sur parole cette parole bonne, alors vous serez relevé de la peur, de l’angoisse, de la solitude. Oui, relevé. Comme ressuscité. Mais je préfère ne pas utiliser ce terme de résurrection qui vient du latin et qui n’est donc pas biblique. Revenons au grec et rappelons-nous que Jésus a été « relevé » de la mort ou « réveillé » de la mort, grâce à la fidélité de l’Eternel et grâce à la confiance de Jésus en l’Eternel.
N’est-ce pas là justement que se joue la bénédiction ? L’un donne, l’autre reçoit. Ce que l’un donne est une parole de vie pour la vie. Cette parole de vie est à même de relever celui qui est abattu, de faire revivre celle qui n’en peut plus, d’accompagner celui qui meurt d’être seul, de libérer celle qui s’enferme dans le ressentiment.
Ainsi, la bénédiction est une parole d’autorité qui fait grandir, qui relève et donne confiance. Oui, il est temps de prendre ces paroles comme vraies pour nous car, à travers elles, l’Eternel nous dit qui il est et nous redit sa confiance et son espérance en nous.

© Réveil-Page théologique - juin 2014