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Bénir (3) Bénir… une question de justice ?

[lundi 1 septembre 2014 00:00]

par Isabelle PIERRON

En juin dernier, je vous ai invité à lier bénédiction et résurrection. Aujourd’hui, je vous invite à comprendre la bénédiction comme acte de justice, comme un acte juste.

La justice des hommes est fondée sur la rétribution : celui qui enfreint la loi est puni et celui qui se conduit bien obtient sa récompense.
Mais la justice divine ? J’ose croire que l’Eternel ne punit pas comme nous l’entendons mais qu’il dépose de l’amour et un esprit de pardon là où il n’y en a pas. C’est, à mes yeux, cela la justice de l’Eternel, puissante source de vie et d’amour qui jamais ne tarit. Jésus n’a-t-il pas exprimé cette justice divine par son enseignement (Matthieu 5.43-44), ses gestes (Matthieu 8.5-6), ses paroles (Matthieu 9.20-22) ? N’a-t-il pas donné aux hommes et femmes rencontrés ce qui leur manquait : une écoute, un regard, une parole, une main secourable ?
La bénédiction n’est pas seulement une parole, même si nous la reconnaissons ainsi le plus souvent. Une visite au vieillard isolé n’est-ce pas une bénédiction, c’est-à-dire le témoignage que l’Eternel n’oublie aucun des siens ? Un regard bienveillant à la femme qui mendie au coin de la rue n’est-ce pas une trace de l’amour de Jésus pour ceux que nous ne voyons plus ?
L’Evangile est invitation à donner aux autres ce dont ils ont besoin pour vivre. Que ce soit avec le Samaritain qui prend soin du blessé (Luc 10.29-30) ou avec ceux qui ont faim de pain (Marc 6.30).
Œuvre de justice donc, que de prendre soin de l’autre en souci, en détresse et être pour lui, pour elle, bénédiction en étant témoin du Christ.

Partager la bénédiction reçue
Une autre œuvre de justice paraît tout aussi nécessaire et… juste. Témoigner, partager, donner à son tour. Si nous-même recevons la bénédiction de l’Eternel au culte et/ou par un autre sur notre route, n’est-il pas juste et nécessaire que nous la partagions ?
Comment partager une bénédiction, direz-vous ?
En la vivant au plus près, au plus près de la foi, au plus près du prochain. Vous croyez avec force que l’Eternel est présence dans votre vie, roc au milieu de la tempête, lumière dans la nuit, alors dites-le, faites-le savoir, soyez-en témoin. Rayonnez, soyez fidèle, vivant. Alors vous serez vous-même bénédiction pour l’autre qui a besoin de tendresse, de présence, de joie.

Aimer sans retenir
Vous trouvez cela difficile, comme les disciples à la multiplication des pains ?
Alors retournez-vous vers la source de toutes bénédictions, retournez-vous vers l’Eternel, mettez vos pas dans ceux du Christ et vous ferez alors mémoire de toutes les bénédictions que vous avez déjà reçues et dans lesquelles vous n’avez pas encore puisé toutes les forces d’aimer.
L’Eternel est juste avec chacun de nous. Il donne sa puissance d’aimer et sa force de pardon à chacun selon son besoin, sans retenir, sans limite. Alors pourquoi ne pas tenter d’aimer ainsi sans retenir les paroles bonnes, les paroles qui vont faire du bien, qui vont consoler, relever, aider, guérir le cœur de celui qui peine, de celle qui espère ?
Bénir est un acte d’amour qui fait justice à l’autre.

© Réveil-Page théologique - septembre 2014