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Quand Dieu parle (2) Regarde ! Dieu parle !

[lundi 30 septembre 2013 15:51]

par Anne HEIMERDINGER

« Pas de parole dans ce récit, pas de voix qui s’entende ; mais sur toute la terre en paraît le message. Et la nouvelle, aux limites du monde. »  Psaume 19.4-5

Dieu parle, mais comment ? Sommes-nous sensibles à ses manifestations ? Les textes de l’Ancien testament affirment Dieu créateur du firmament, de tout être pourvu de souffle, et de l’espace naturel dans lequel les hommes évoluent. Une empreinte parlante ?

Les êtres humains n’ont pas terminé de contempler, de découvrir l’étendue, la complexité, l’harmonie de l’espace naturel. Faune et flore fascinent toujours au point d’avoir été, dans un premier temps, sacralisées et déifiées.
Chez les Hébreux, cette profusion riche et nourricière marque l’œuvre du Dieu unique et de sa toute puissance. Dieu est glorifié par sa création disent les psaumes. Le regard de l’homme est happé, il admire et prend connaissance de son environnement avant d’y trouver trace du Tout-Autre.
C’est au départ une histoire sans parole… une émotion avant la raison. L’œuvre divine ne parle pas, mais crie la grandeur de Dieu (Psaume 19.4-5). Ce que l’homme regarde n’est-il pas signe de perfection, d’un monde précieux entouré de bienveillance ?
Le regard serait-il le bâton du pèlerin, de celui qui cherche ? N’appuierait-il pas une certaine intuition ? Et la foi, n’est-elle pas, elle, liée au frémissement du cœur avant celui de la raison ?

Une révélation naturelle
Dieu se joue de nos esprits cartésiens. Sa création interpelle l’homme comme un fil conducteur ferait circuler du courant (un message). L’homme y est d’autant plus sensible qu’il est lui-même en quête d’un signe, de preuves. En Exode 3, Moïse est effrayé : il voit un buisson qui brûle mais sans se consumer ; le buisson reste un buisson, et de celui-ci il entend un appel. Dieu se manifeste et c’est une révélation.
Un peu plus loin, au chapitre 19, les éléments naturels se déchaînent et terrorisent le peuple : le feu, l’obscurité, les ténèbres, le vent. Dieu a parlé, le peuple y a vu sa colère. Une autre fois dans le Sinaï, à l’écart, Dieu parle : Elie entend sa voix à travers le vent doux et subtil… Lorsque Dieu parle « naturellement », il est à l’initiative du contact.

Communicatif par nature
Dieu se donne à connaître à travers ce que l’homme peut observer et comprendre. « Ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, car Dieu le leur a manifesté. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient fort bien depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages » (Romains 1.19-20) écrit l’apôtre Paul. La nature est témoin, signe de Celui qui se révèle.

Je vois, je crois et j’espère !
En Matthieu 6, Jésus interpelle ses disciples (6.25-26) : « … Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? »
Un regard plus loin que soi. Jésus invite à observer autour de soi, ce qui participe à un certain décrochage : vivre se suffit à lui-même ; se soucier de sa survie, de sa qualité de vie éloigne de l’essentiel, car vivre c’est d’abord un acte de confiance en Celui qui donne et prête vie. S’il en prend soin, pourquoi s’y agripper, vouloir tout prévoir, diriger, la considérer comme un dû ? La vie reste mystère et don, comme la foi. Et la confiance reste à voir, comme l’exprime si bien le psalmiste (Psaume 107.43) : « Que celui qui est sage prenne garde à ces choses, et qu'il soit attentif aux bontés de l'Eternel ».

© Réveil - Lire la Bible - ocotbre 2013