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Quand Dieu parle (3) « Reçois », Dieu parle…

[mardi 29 octobre 2013 16:49]

par Full

« … Ta servante n’a rien du tout à la maison qu’un vase d’huile. »II Rois 4.2

Une femme perd tout… Son mari « serviteur d’Elisée », sa situation, peut-être sa foi, et pour couronner le tout, le créancier veut s’emparer de ses enfants pour résorber ses dettes. Acculée, celle qui n’a plus rien crie à Elisée et obéit.

Tout est arraché et repris à une femme : son soutien, son compagnon ; on va même lui arracher ses enfants… à cause d’une dette. La panique la fait sortir d’elle-même et de sa douleur ; elle va trouver le seul homme peut-être capable de faire quelque chose pour elle : Elisée. L’homme la reçoit, l’écoute et curieusement lui demande ce qu’elle possède encore…

Que te reste-t-il ?
On ne sait rien de sa dette. On peut juste imaginer que cette femme a perdu le sens et l’équilibre de son existence. La culpabilité s’est certainement aussi glissée au milieu de cette dislocation. La violence de la situation a besoin d’être désamorcée par des mots. Elle s’adresse alors à Elisée, peut-être parce que son mari était à son service, peut-être parce qu’elle sait Elisée proche de Dieu, ou simplement parce qu’autour d’elle, personne ne peut l’aider ! Elle est seule. Elle pose son problème, mais ne demande rien.
Par sa question : « Que te reste-t-il ? », Elisée invite cette femme à se décentrer de sa panique, à regarder autrement sa situation. « Tu n’as plus rien ; regarde, il te reste encore »… Ce petit peu (de l’huile) est suffisant. Dans les récits de l’Ancien Testament, l’huile est riche de sens : signe de la présence, de l’amour et de la bénédiction de Dieu, et signe d’une mission confiée à l’homme. Il reste donc de l’huile, une attente, une réponse ; l’huile, serait-elle la trace d’une promesse à saisir et à réaliser ? Elisée donne sept directives à la femme (v. 3 à 5).

Va demander !
« Va chercher des vases vides ». Pas le choix, elle fait confiance. C’est elle l’instrument qui opère la guérison de sa vie. Dans ce texte, tout est mouvement, allées et venues, entrées et sorties, contact et enfermement, chemin de la femme qui renoue ce qui était délié. Elle retrouve un lien avec Dieu à travers Elisée, on pourrait se risquer à dire : avec l’espérance ; puis, elle se lie à ses voisins, étrangers à son malheur qui lui apportent une aide. Enfin, elle parle à ses enfants, qui de « gros problème » deviennent partenaires engagés pour la « libération familiale ». La femme qui se démenait seule retrouve le goût des autres en obéissant à Elisée.
Jaillit alors la bénédiction qui coule sur elle et sur les siens. D’une succession de ruptures, et d’un isolement mortifère, à travers l’effort et l’obéissance, un chemin d’entraide et de partenariat s’ouvre. Cette huile qui coule signe et réalise la promesse d’une réconciliation, d’une alliance autre, proposée par Dieu.
C’est ce que reconnaît la femme qui retourne auprès d’Elisée pour remettre cette richesse entre les mains de l’homme de Dieu.

Va, vis, toi et tes enfants…
Ce récit miraculeux dit tout du don d’abondance de Dieu. Il libère cette femme et ses enfants d’une logique de servitude et de dette. Adresser, dire nos maux, avec ou sans foi, devant Dieu ou l’un de ses tiers (autrement dit, beaucoup de monde possible) est un peu comme un signal de départ. L’oreille est attentive, l’élan ouvert pour une parole et une relation autres. Voilà ma situation… Et j’en fais quoi ? Le changement de perspective peut être déroutant, déranger des habitudes, pousser au mouvement. En même temps, il s’habille d’un changement de regard et d’appréciation sur notre vécu, nous-même et puis sur les autres. L’espérance convie à une conversion de l’esprit, du corps (regard et mouvement) et de l’existence. Lorsque le mouvement est engagé, reste le meilleur ! « Va, vis, toi et les tiens… », le fameux « dire du bien » ou bénédiction déborde jusqu’à ne plus pouvoir être « contenu » dans des vases d’argile, jusqu’à ce qu’il soit partagé avec les autres. Là réside le miracle !

© Réveil - Lire la Bible - novembre 2013