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Auprès de ma Bible Il y a toutes sortes de rires

[vendredi 31 août 2012 17:50]

par Nadine PY

« Elle rit en elle-même, en disant : maintenant que je suis vieille, aurais-je encore des désirs ? »
Genèse 18.12

… On rit de bonheur, on éclate de rire à une bonne plaisanterie, on rit aussi pour se moquer ou on rit jaune, pour s’excuser d’avoir dit ou fait une bêtise… On rit et on est parfois surpris des conséquences.

A quoi servait donc la méditation du sage et ses sentences adressées au peuple dans le livre des Proverbes ? Elle présentait des exemples pratiques pour rendre un culte au Dieu unique et pour rappeler la Loi, mais cherchait aussi une sorte de raison logique s’appuyant sur l’observation de l’humain, pour rendre les sentences accessibles à tous. La Loi servait de référence spirituelle. Salomon ne fut pas seul à méditer ; entouré d'une société de sages (I Rois 4.31), il ne refusait pas les échanges, les discussions avec d’autres sages de pays voisins.

Quand l’étranger de passage annonce à Abraham qu’après tant d’années, la promesse de Dieu va enfin s’accomplir, que le vieux rêve d’avoir un enfant va enfin devenir réalité, Sara choisit d’en rire.
Elle rit d’elle-même, de son grand âge et de celui d’Abraham ; elle rit pour masquer son émotion, pour ne pas se laisser aller ; elle rit pour ne pas se « faire avoir » : on ne l’y prendra plus, elle a renoncé à croire à ses rêves, elle s’est rangée, ralliée à la dure loi de la réalité.
Et Dieu s’étonne : « pourquoi ce rire de Sara ? »

« Oh ! Cachez ce rire ! »
C’est que le rire est toujours un peu inconvenant ! Dieu et Abraham sont entre hommes, à discuter de choses très sérieuses – rien moins que de vie et de mort. Après avoir promis un fils, il annoncera la destruction de Sodome et Gomorrhe. Dieu et Abraham sont comme deux hommes d’affaires, en négociation serrée : Abraham marchandera le salut de Sodome, s’il s’y trouve 50 ou 45, ou 40, ou 30, ou 20, ou peut-être seulement 10 justes…
Et voilà qu’au milieu de ces discussions âpres et tendues éclate le rire de Sara !
Dieu s’étonne, et Sara prend peur. Elle se rend compte de son impolitesse : cela ne se fait pas de rire d’un hôte de passage ! Abraham lui, s’est bien conduit, il a accueilli les trois voyageurs en déployant toutes les ressources de la proverbiale hospitalité des nomades. Sara a peur soudain et elle nie, comme un enfant pris en faute : « non, je n’ai pas ri ! »
Et là, je crois bien que c’est Dieu lui-même qui éclate de rire, qui se moque d’elle et de sa peur : « si tu as bel et bien ri ! »
Et ce rire va résonner longtemps, il est le nom qu’Abraham donnera à ce fils tellement attendu : Isaac (« il rit ». « Il rit », depuis longtemps, et aujourd’hui encore. « Il » rit et non « elle a ri » qui aurait pourtant été plus logique : elle, ta mère, a ri quand on lui a annoncé ta venue prochaine…
Qui est ce « il » ? Peut-être l’enfant lui-même : signe de joie pour ses vieux parents, héritier de la promesse divine, signe que la vie est la plus forte… Peut-être Abraham, riant de voir réalisée la parole de Dieu, riant de bonheur d’avoir fait confiance… Ou peut-être est-ce Dieu qui rit.

Au rythme du rire divin
Je crois que Dieu rit volontiers avec nous. Il rit de voir Abraham assis à l’entrée de sa tente, savourant le plaisir d’être à l’ombre « dans la pleine chaleur du jour » ; il rit peut-être aussi, plus malicieusement, de voir le patriarche Abraham, du haut de ses 99 ans, s’inquiéter et s’agiter en tous sens, jouer la maîtresse de maison, servant lui-même le repas à ses hôtes et restant debout à côté d’eux, comme le faisaient les femmes… Il rit de Sara, qui se veut réaliste et raisonnable, mais qui a peur d’avouer qu’elle a ri.
Le rire de Dieu résonne tout au long de la Bible, et jusqu’à nous. Puissions-nous l’entendre, en ce temps de reprise où déjà le temps nous file entre les doigts, où nous avons déjà perdu le gain d’un rythme plus léger.
Gardons ce temps d’écoute pour mieux entendre le rire de Dieu ; son rire pourrait bien se révéler contagieux et nous apprendre à rire un petit peu de nous-même !

© Réveil - Lire la Bible - septembre 2012