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[mercredi 4 février 2009 00:00]

Paroles de Jésus (2)

"La lampe de ton corps, c’est l’œil"

par Cécile BADET

Sous le regard de Dieu, les Ecritures souvent nous invitent à dépasser ce que notre regard nous dévoile pour accepter et accueillir ce que nos yeux ne peuvent nous révéler.


On s’est toujours beaucoup intéressé et interrogé à propos du regard, des yeux. Les artistes se sont souvent penchés sur ce thème. Au cinéma, Jean Gabin déclarait sa flamme avec cette célèbre réplique : "T’as d’beaux yeux, tu sais !" Ne résistant pas à ces mots, Michèle Morgan répondait avec fougue : "Embrasse-moi !" La littérature et la poésie ont également été très florissantes sur le sujet qui reste un mystère quant à ses non-dits et aux pouvoirs cachés des regards échangés.
Vous connaissez peut-être cette expression : "le regard est le miroir de l’âme". Pour Pythagore, les yeux sont "les portes du soleil". Nous pourrions ainsi relire le mythe d’Icare qui, dans son vol insensé pour atteindre cet astre, s’est certes brûlé les ailes mais a en même temps dépassé les limites de son propre regard : il est passé des portes du soleil à son seuil.
Quelle chance ! Icare a réalisé ce que les Ecritures nous invitent souvent à accomplir sous le regard de Dieu : dépasser les limites de notre propre regard.
Non pour deviner toutes les facettes, les pensées de l’autre et, pourquoi pas, le posséder. Mais dépasser ce que notre regard nous dévoile pour accepter et accueillir ce que nos yeux ne peuvent nous révéler. Dépasser ce que notre regard nous offre pour ne plus voir en l’autre ce qui nous tient à cœur mais pour découvrir ce qu’il a sur le cœur, pour l’accepter pleinement et ne plus le réduire à un pâle reflet de nous-mêmes. Enfin, dépasser les limites de notre propre regard pour voir enfin le vrai visage du monde : ses drames, ses insuffisances mais aussi toutes ses beautés cachées qui ne demandent qu’à être révélées. Et enfin, s’en approcher et s’y engager.
Si la lampe de mon corps, c’est mon œil, quel sens lui donner ? Est-ce pour que je me consume telle une bougie que l’on allume dès la tombée de la nuit ; comme un flambeau que l’on préserve pour le symbole alors que le monde s’embrase ? Etre à l’image d’une lampe de poche qui réduit notre champ de vision au strict minimum ou comme un phare qui peut porter la lumière à travers les tempêtes du monde ?
A ces questions, je ne sais que répondre. La lumière que je reçois et que mon Seigneur m’envoie, j’essaie de la préserver et de la transmettre pour qu’elle apaise et réconforte tous ceux qui veulent s’arrêter en chemin. J’espère donc que cette lumière puisse réchauffer les corps et les âmes. Et par ailleurs, qu’elle reste toujours brûlante. Non qu’elle anéantisse leurs ailes et leurs espoirs comme ce fut le cas pour ce pauvre Icare. Mais qu’elle les marque de l’unique brûlure qui ne nous blessera jamais : celle de la rencontre et de la Parole de Dieu.



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Il fait froid
Il fait froid dans mon corps
Il fait froid dans mon âme

Malgré le soleil des jours,
les lumières sous les toits
Malgré les sourires et les mots échangés
Il fait froid
Et rien ne peut me réchauffer

Ils m’affirment que l’on n’est jamais seul
Que Dieu est là malgré tout cela
Que le doute est normal
Et l’espérance un long combat

Priere0902© Michaël Jordan/Fotolia

Mais… J’ai si froid !
J’ai si froid dans mon cœur
J’ai si froid dans ma foi

Je te prie, montre-Toi
Enflamme-moi de Tes mots
Caresse-moi de Ta voix.
Dis-moi ces mots d’amour
Et je n’aurai plus froid

Buisson ardent ou ange combattant
Quelle que soit Ton allure
Quel que soit le moment
Ta rencontre sera cette brûlure
Que j’espère tant

 




Réveil - février 2009