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Ma prière (11) : Prière au cimetière

[jeudi 30 juin 2011 01:00]

Ma prière (11) Prière au cimetière

par Catherine JOSSE, pasteur

C’est la prière d’un être humain qui redresse le buste vers le ciel pour interroger le mystère et incline la tête vers la terre, linceul brunâtre, lequel, toujours à nouveau, brouille et assombrit l’éclat d’un irrésistible élan vers Toi, mon Dieu.

Meditation1107© EL SeyboldtC’est si difficile de prêcher l’évidence…
Tu es là Seigneur. C’est sûr, tu es là : dans ma respiration régulière ou haletante, dans l’oiseau qui fait son nid, dans la truite qui se joue de la mouche… Tu es globalement là. Tout souffle qui hurle, chante, prie, souffre, s’éteint ou se déchaîne dit ta présence.
Pourtant, cette effusion, ce souffle perpétuel qui anime notre terre ne s’impose pas comme Bonne Nouvelle.
La Bonne Nouvelle, ce n’est pas la vie. La Bonne Nouvelle c’est que Toi, le Créateur, tu aimes les vivants. Même ceux qui sont morts… On en a de bonnes, nous les chrétiens !
Tu te souviens mon Dieu de ces paroles, de tes paroles, reprises dans l’évangile de Jean : « Celui qui croit en moi vivra, quand bien même il serait mort » ? Vivre ! Vivre à tout prix ! Apparemment, c’est cela qui nous obsède, nous les chrétiens ? Vivre au point d’en mourir sur ta croix. Mais alors, la vie ce n’est donc pas le souffle ?
S’il te plaît, dis-moi Seigneur ce qui est vivant dans ce corps sans vie, calé dans un cercueil ? Dis-le moi ! Je défaille à force de chercher… Est-ce sa trace ? Son empreinte, dans la chair et dans l’âme de ceux qui le pleurent ?
Et si j’essayais un truc : « Celui qui vit en moi croira » ? « Croira quoi ? » Flûte ! Cela ne marche pas ! Allez, j’essaie encore. Ce que je crois c’est que ce qui pour moi est mort, vit en toi. Toi, le souffle…
Ouf ! Encore une « crise » de passée… Pardonne-moi mon Dieu, pardonne-moi de vingt fois sur le métier remettre mon ouvrage (Nicolas Boileau). Pardonne-moi d’oublier sans cesse l’essentiel : demander ton Esprit saint. Je ne suis pas méchante au fond, juste un peu étourdie. J’en oublie d’être sereine.
C’est que tu sais, mon Dieu, la mort je ne l’aime pas. La mort c’est moche, c’est froid, c’est inutile. Je veux lutter avec Toi, Seigneur de la vie, lutter pour qu’un jour il n’y ait plus la mort.
Non, décidément, je ne veux pas m’habituer. Je t’en supplie, sers-toi de moi, accorde-moi d’être un outil au service de la vie. Tu peux vérifier, mais je crois que j’ai bien compris que depuis Pâques tu as vaincu le Mal. Seulement, regarde comme il sursaute encore, ses derniers hoquets sont terribles. Abrégeons, je t’en prie !
J’ai compris aussi que tu sais mieux que moi ce dont j’ai besoin, mais quand même, laisse-moi te demander quelque chose, juste pour voir si on « tombe » pareil :
« Seigneur, fais que dans ma vie j’arrive à mettre cinq personnes à l’abri du mal, de son haleine fétide, de ses crocs acérés, de sa fabrique de larmes ». Et si cinq ça te paraît trop, disons… deux ? Ou même… une ? Une seule personne avec laquelle je partagerais, enfin, ton Esprit saint. C’est ma prière.
S’il te plaît...

Réveil - Méditation et prière - été 2011