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Image (3) : Consolation

[mardi 1 novembre 2011 00:00]

Image (3) Consolation

par Marianne VON ALLMEN KOHLER, pasteur

« Toi, Seigneur, tu me secours et tu me consoles » (Psaume 86.17b).

Elles se tiennent dans les bras l’une de l’autre.
Sans dire un mot, sans bouger. On ne sait laquelle soutient l’autre.
Corps à corps,
cœur à cœur,
cœurs battant fort.
Deux cœurs non accordés.

Doucement
elles se détachent
l’une de l’autre.
La première
regarde devant elle,
droite comme un cyprès.
La seconde plus âgée
se tient courbée,
le regard
voilé par la tristesse.

Lentement
elles se mettent en route, pour Israël,
pour Bethléem.
Ruth et Noémie avancent
sur la route poussiéreuse.
Elles sont silencieuses.

Noémie songe à tout ce qu’elle a perdu :
un pays, un mari,
ses deux fils.
Il y a un mot pour dire
qu’on n’a plus de pays,
plus de mari, plus de parents.

Mais il n’y a pas de mots pour dire
qu’on n’a plus d’enfants. Une parole d’un psaume surgit dans son esprit :
« Toi, Seigneur,
tu me secours
et tu me consoles
»

Où est-il ce Seigneur
qui aide et qui réconforte ?
Elle et son mari
ont quitté Bethléem,
la famine, pour Moab
le pays où ruisselle l’eau.
Bien des années plus tard,
elle rentre seule,
source tarie.
Certes, il y a Ruth,
sa belle-fille, une moabite. Elle a décidé de la suivre, elle, Noémie, l’Amère, Mara.
Elle a mis ses pieds
dans ses traces.
Elle s’est attachée
à sa belle-mère, à son pays
et à son Dieu.
Ensemble elles marchent sur la route du retour.
Pour quel avenir ? Noémie regarde sa belle-fille.
Elle est jeune, belle.
Pour elles,
il faut qu’elle se batte.
Elle relève un peu la tête, son pas se fait plus ferme.
Une lueur d’espoir surgit au fond des yeux de Noémie.
« Toi, Seigneur,
tu me secours
et tu me consoles
».

Elles arrivent à Bethléem. Noémie retrouve sa maison.
Ruth se tient là,
au milieu de la pièce empoussiérée par les années d’abandon.
Noémie s’approche d’elle
et la serre dans ses bras.
Corps à corps, cœur à cœur, deux cœurs en friche.
Au matin Ruth s’en va glaner dans les champs. C’est le temps de la moisson.
Le soir, épuisée et heureuse, elle rentre avec un sac débordant d’orge.
Une lueur d’espoir surgit au fond des yeux de Noémie.
« Toi, Seigneur,
tu me secours
et tu me consoles 
».

Ruth rencontre Booz,
cousin d’Elimélek,
mari de Noémie.
De lui pourrait venir
le secours
et la consolation.
En effet quand un homme meurt sans héritier,
son frère ou son cousin
le plus proche épouse la veuve pour qu’elle porte
un enfant,
assurant la succession
du premier mari.

Booz est racheteur.
Noémie encourage Ruth
à répondre à l’invitation
de Booz, de glaner
dans ses champs pendant toutes les moissons.
De jour en jour, des champs à l’aire de vannage
Booz s’attache à Ruth.

Un matin,
elle revient chez Noémie,
un sac plein de grains
serré contre elle.
Cela lui donne
un ventre rond.
Noémie, la voyant,
se précipite vers elle
et la serre dans ses bras.
Corps à corps,
cœur à cœur,
deux cœurs rythmés
par l’espoir.
« Toi, Seigneur,
tu me secours
et tu me consoles
».


Noémie est assise
devant sa maison.
Elle tient dans ses bras Oved, son petit-fils.
Corps à corps,
cœur à cœur,
deux cœurs battant
à l’unisson.
« Toi, Seigneur,
tu me secours
et tu me consoles
».

Réveil - Méditation et prière - novembre 2011