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Image (4) : Village

[jeudi 1 décembre 2011 00:00]


par Christian BADET, pasteur

Meditation1112





A travers les branches d’un arbre, nous devinons un village planté au milieu d’un décor hivernal avec ces montagnes et la neige qui a tout recouvert. J’imagine alors que, derrière tous ces toits, ces murs, il y a, à chaque fois, une vie unique et singulière.

La vie d’un foyer harmonieux où des enfants attendent avec impatience la venue de Noël. La vie paisible d’une personne âgée, un peu repliée sur ses souvenirs mais qui goûte le plaisir renouvelé de ces journées vécues dans son village. La vie tourmentée du travailleur de ces montagnes, inquiet du temps qu’il fait et du temps à venir plein d’incertitudes. La vie aigrie d’un être solitaire qui n’a pas choisi cette solitude-là et dont l’absence et le vide se font douleur. La vie de celui ou celle qui lutte contre une maladie que l’on a peur encore de nommer mais qui promet de se battre, de ne pas baisser les bras, de ne pas craquer… surtout devant les siens et pour les siens. La vie de ce jeune qui ne rêve que d’un ailleurs parce qu’ici, on s’ennuie ferme !...
J’imagine… j’imagine seulement tout ce qui peut se vivre à l’abri de ces murs qui protègent aujourd’hui du froid et de l’hiver. Autant d’âmes et autant d’histoires, de chemins, de joies et de drames. Chaque vie unique et singulière ; chacune précieuse ; chacune, à la fois, si forte et si fragile.
Et puis, bien sûr, au milieu de toutes ces vies, au milieu de ce village, vous avez remarqué le clocher. Sûrement le clocher d’une église, ou peut-être d’un temple. Nous ne pouvions pas le rater. Il est planté là, bien au centre, dominant les maisons, s’imposant au-dessus de tous.
Voilà un signe, signe d’une institution autrefois forte et parfois triomphante ; mais signe aujourd’hui d’un temps peut-être révolu.
Pourtant, cette année encore, je fais le pari que toutes ces vies cachées derrière leurs murs, que toutes ces âmes souvent étrangères l’une à l’autre, vont retrouver un soir le chemin de cette église. Parce qu’il est question de tradition ou d’habitude, pourquoi pas, mais parce que chacun sait qu’il va y retrouver les autres.
Alors, le soir ou le jour de Noël, cette église plantée au milieu du village sera à nouveau le lieu du rassemblement. Elle retrouvera pour un temps sa vocation, sa raison d’être : une maison pour tous, et pour chacun.
Qu’importe ce que dira le curé ou le pasteur ! L’important est d’être là, là avec les autres, là avec toutes ces vies si variées, si riches, si singulières, si joyeuses ou si douloureuses ; là, à vivre quelque chose ensemble. L’important est de comprendre que l’église d’aujourd’hui, l’évangile d’aujourd’hui sont encore une maison pour tous, pour toutes ces vies, quelles qu’elles soient et que chacun y a sa place : les joyeux et les douloureux, les fervents et les incrédules, les forts et les fragiles…
Noël est une maison pour tous, pour toute l’humanité que Dieu aime ; dans la crèche, Il reconnaît et accueille chacune de nos vies.

Réveil - Méditation et prière - décembre 2011