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Nicole et Jacques Vercueil : Protestants et filmophiles

[vendredi 30 mai 2014 00:00]

par Doris ZIEGLER

Ce sont eux qui signent les fiches cinéma éditées chaque mois en page 28. Avec leurs 2500 films enregistrés et répertoriés et leur immense culture cinématographique, ils sont une ressource à exploiter ! Comme l'association où ils œuvrent : Pro-Fil.

Ce sont eux qui signent les fiches cinéma éditées chaque mois en page 28. Avec leurs 2500 films enregistrés et répertoriés et leur immense culture cinématographique, ils sont une ressource à exploiter ! Comme l'association où ils œuvrent : Pro-Fil.

Repère

Association Pro-Fil
Pro, comme protestant.
Fil, comme filmophile.
Présente à Mulhouse, Marseille, Dieulefit, Toulouse, Montpellier, Paris, Issy-les-Moulineaux, Fayence.
Une revue trimestrielle, Vu de Pro-Fil. Rédactrice en chef : Waltraud Verlaguet, vingt pages, 4 €.
Un site très clair : www.pro-fil-online.fr
Secrétariat national, 7 l'Aire du Toit, 13127 Vitrolles.
Tél. : 04 42 89 00 70 secretariat@pro-fil-online.fr
Pro-Fil, c'est aussi un lien constant avec de nombreux festivals dont le Festival de Cannes et son jury œcuménique dirigé par Denyse Muller et le Festival de Fayence créé par Waltraud Verlaguet, tourné vers les collégiens.

La richesse des autres
A chaque fois c'est pareil : les discussions autour d'un film montrent que chaque spectateur n'a pas vu le même film ! Chacun le perçoit à travers le filtre de sa propre vie, de ses références culturelles, artistiques, théologiques... La vision de chacun vient alors enrichir celle des autres. Dans Carnets de voyage par exemple, prix du jury œcuménique à Cannes en 2004, un « profilien » a montré aux autres que le héros perd quelque chose à chaque étape de son voyage. Mais chaque perte lui permet de gagner autre chose : sans sa tente, il est obligé de loger chez l'habitant, sans la mobylette qu'on lui a volée, il doit prendre le bus... Autant d'occasions de s'enrichir au contact des habitants des pays qu'il traverse.
Dans cette rencontre de l'opinion des autres et les visions parfois contradictoires se vit la dimension évangélique de Pro-Fil. Nicole et Jacques Vercueil y trouvent un grand esprit de liberté, de communauté, de cohésion du groupe malgré la diversité des regards. Et cette aptitude à comprendre et interpréter ce qu’il nous est donné de vivre illustre notre responsabilité de chrétiens dans le monde. Comprendre ensemble, découvrir et respecter l'opinion de l'autre, c'est une façon de pratiquer le sacerdoce universel.

Tout un programme
Les réunions de Pro-Fil à Marseille ont lieu au Parvis des Arts et se terminent par un repas. Les membres qui le souhaitent animent chacun à son tour une séance. L'animateur du jour va voir deux fois le film choisi par le groupe : une fois pour le plaisir, une fois pour l'analyse. En effet, les amateurs de film aiment se laisser prendre par l'histoire, par les émotions. Mais ils aiment aussi comprendre comment ces émotions ont été fabriquées, comment fonctionnent paroles, images et son, quels trucs le réalisateur a utilisé pour servir son propos.
Chaque groupe Pro-Fil (cf. encadré) organise des journées où les membres peuvent s'exercer à animer une réunion, découvrir les métiers du cinéma... Un week-end annuel leur permet de partager leurs coups de cœur, à partir d'un DVD, d'extraits de film sur un thème tel « le film noir » ou « le jeu des acteurs ».
L'assemblée générale de Pro-Fil s'accompagne d'un séminaire autour des « Frontières au cinéma » ou sur Jorge Semprun, grand résistant et humaniste espagnol, scénariste de deux films de Costa Gavras. Ils ont invité un cinéaste irakien, un documentariste... En septembre 2014, ce sera « Les rites au cinéma », avec le pasteur Michel Bertrand.

Au service des autres
Les « profiliens » ne refusent jamais une occasion de partager leur passion avec les autres. Depuis cinq ans, la semaine de l'Unité amène Nicole ou Jacques à Privas. Après avoir regardé au cinéma le film choisi par le groupe œcuménique de la ville, le public traverse la route et est accueilli dans le temple pour partager soupe et réflexions. Jacques est invité à Lyon pour une animation autour d'un film primé par le Jury œcuménique. D'autres ont animé des journées ERF de la région ouest, consacrées à l'analyse de l'image – un thème retenu aussi pour l'un des ateliers des journées internationales de la jeunesse, en Belgique il y a quelques années.
Des consistoires font appel à eux : une journée pub et médias à Crest... Lors du jubilé de Calvin, en 2009, Genève leur a demandé d'organiser un petit festival. Occasion de se rendre compte que beaucoup de films existent sur Luther, mais rien sur Calvin. Avis aux amateurs ! Ils étaient présents lors de l'expo Bible de Marseille pour une journée de films et d'animations sur la Canebière. La Ciotat, ville de résidence des frères Lumière où a été projeté le film L’arrivée du train en gare de La Ciotat dans l’Eden Théâtre, premier cinéma au monde, leur a demandé une animation, le 8 juin prochain, sur le film Hugo Cabret de Martin Scorcese.
En parlant à bâtons rompus des choses de la vie avec Nicole et Jacques, souvent un film leur vient à l'esprit comme source de réflexion, de compréhension. La vie inspire les films, les films éclairent la vie. Avec ce couple enthousiaste, on comprend le rôle précieux des cinéastes : ils participent, avec leur art, à la richesse, à la beauté, à la profondeur de la Création.

© Réveil - Rencontre avec - mai 2013