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David Charier : passionné de Dieu

[lundi 30 juin 2014 00:00]

par Vincent CHRISTELER

Réveil - Rencontre avec David Charier © D. CharierCe mois-ci, nous rencontrons David Charier, médecin anesthésiste et trésorier de la paroisse de Saint-Chamond ainsi que du consistoire de la Loire. Il nous parle de ses différents engagements dans et hors de l’Eglise, et de la foi qui le nourrit dans chacun d’entre eux.

« Je me sens plus chrétien à l’hôpital que médecin dans ma paroisse ! », affirme d’entrée David Charier. Le ton est donné pour cette heure de rencontre qui va nous amener à un échange profond. Tout le monde autour de lui, à l’hôpital comme ailleurs, semble au courant de ses convictions chrétiennes. Il lui arrive régulièrement d’en discuter avec les patients ou le personnel. La croix huguenote qu’il porte suscite des réactions et des questionnements ; cela ouvre des portes au témoignage et « quand la porte est ouverte, à la "témoins de Jéhovah", je mets le pied dans l’embrasure et je ne pars plus », plaisante-t-il (du moins je l’espère…).

Beaucoup d’énergie à revendre
David en vient presque à regretter de ne pas avoir sombré dans la drogue ou la délinquance pour avoir ensuite connu une conversion spectaculaire, mais il a toujours été dans l’Eglise et surtout dans la foi. Il a grandi, aîné de quatre enfants, dans une famille très pratiquante. Sa mère était institutrice et son père éducateur technique auprès de personnes handicapées ; ses parents se sont rencontrés au Collège cévenol et sont proches du renouveau charismatique, tout en étant membres engagés de l’Eglise réformée. « J’en ai mangé des cultes, des réunions de prières et des week-ends chrétiens parents-enfants, mais cela ne m’a pas dégoûté, au contraire ; j’ai eu un peu plus de peine avec le catéchisme : je m’y ennuyais, j’avais l’impression de savoir déjà tout ce qu’on y enseignait ». Il passe une grande partie de son enfance à Guilherand-Granges, après que ses parents eurent quitté le Chambon-sur-Lignon pour raisons professionnelles. Il fait ensuite des études de médecine à Lyon et est engagé à l’hôpital universitaire de Saint-Etienne où il partage son temps entre bloc opératoire, SAMU, enseignement et recherche. Aujourd’hui, âgé de quarante-trois ans, il travaille dans le service qui traite des tumeurs cérébrales et des traumas de la colonne. « Dans ce cadre, les gens sont probablement plus enclins à me parler de leur quête de sens que si je les recevais pour une simple grippe, et je peux leur donner témoignage de ma foi ». Pourquoi un service aussi lourd ?
Peut-être parce qu’il a perdu le dernier de ses frères à sa naissance et que sa mère a été longuement hospitalisée dans les suites. Mais très tôt sa vocation est double, il veut être médecin-missionnaire, partir en mission comme ses grands-parents. Cette aspiration n’est pas morte, il rêve de partir sur un des « Mercy Ships », bateaux-hôpitaux nés de l’initiative de Jeunesse en mission (voir encadré). Pour le moment, il prépare un doctorat de sciences en physiologie, en parallèle avec son activité hospitalière.

Le travail et l’Eglise d’abord
« Je suis un petit dormeur », nous confie-t-il. Bien qu’il soit un protestant connaissant sa Bible et qui prend au sérieux les paroles qui y sont écrites, David a dû faire l’impasse sur le psaume 127 (« Oui, il est vain de vous lever très tôt et de vous coucher tard, et de vous donner tant de peine pour gagner votre pain. Car Dieu en donne autant à ceux qui lui sont chers pendant qu’ils dorment »). Ce qui occupe son temps, tel qu’il le confesse, est, dans l’ordre : son travail, l’Eglise, et les pompiers où il intervient en tant que médecin. Il a le sentiment que la vie est courte et que Dieu lui a confié une mission, donc pas de temps à perdre. « Ma famille n’arrive qu’en quatrième position », reconnaît-il, « et Chantal, ma femme, me dit parfois : quel soir aurons-nous une place dans ton emploi du temps cette semaine ? » En plus des trois enfants de la maison, Coraline, 21 ans (que Chantal a eue d’un premier mariage), Florian, 15 ans, et Baptiste, 13 ans, Chantal s’occupe d’un garçon de 8 ans en tant que famille d’accueil. David reconnaît ne pas croiser ses enfants tous les jours, mais communiquer volontiers avec eux par SMS ou par mail.

Repère
Les Mercy Ships
Mercy Ships (« navires de l’Espoir » dans sa version française) est une organisation fondée en 1978 en Suisse par des membres de Jeunesse en mission.
Ils envoient des navires-hôpitaux dans les pays en voie de développement.
Actuellement, leur flotte est composée d’un seul navire, le « Africa Mercy ».
Sa mission est de voyager de port en port en offrant des soins gratuits mais aussi de l’aide technique.
Son équipage est composé de 400 volontaires provenant de 40 nations différentes.
Sa dernière mission était à Pointe Noire (au Congo) d’août 2013 à mai 2014.

Source : www.mercyships.fr

Un témoignage permanent
L’Eglise de Saint-Chamond (dans la Loire) occupe également une bonne part du temps de David : trésorier du conseil presbytéral, membre du groupe Jeunes familles et du groupe de prière de la paroisse ou violoniste le dimanche, il aime également présider des cultes. « Lorsque je prépare un culte, je le fais toujours en duo, car je suis convaincu que "si tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin", et il n’est pas rare qu’après une longue discussion avec celle avec qui je prépare mes prédications, je change en profondeur ce que j’avais écrit ! »
David a une lecture assez littéraliste de la Bible ; il veut bien admettre quelques interprétations symboliques (notamment sur la durée des six premiers jours de la Genèse) mais pas trop ! Il se sent heureux chaque fois que la science confirme une affirmation biblique, lui permettant ainsi de conjuguer ses deux passions : « Je suis un scientifique qui croit fermement à la force de la prière », affirme-t-il avec conviction.
Très lié à sa paroisse, David n’en entretient pas moins des amitiés profondes et une correspondance épistolaire avec des personnes plus éloignées, sur des sujets spirituels ou personnels. Durant les nuits de garde, lorsqu’il n’y a pas trop de travail, il affirme avoir du temps pour écrire, ou pour discuter des heures entières de sa foi avec ses collègues.
Une de ses grandes joies a été de voir son fils aîné demander le baptême en 2013 au terme d’une année riche en événements et en bénédictions dans la paroisse, et en particulier de tout ce qui s’est vécu autour de la comédie musicale que le groupe Jeunes familles a montée. « Il y a aussi les victoires obtenues dans la prière et les guérisons que le Seigneur nous a données », dit David avec reconnaissance. Et lorsqu’on lui demande ce qu’il souhaiterait pour son Eglise, il prend le temps de réfléchir, temporise (« c’est une bonne question ») et finit par conclure : « Je souhaite que chacun fasse une rencontre authentique avec Dieu dans sa vie ».

© Réveil - Rencontre avec - été 2014