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Exil

A l’écoute des actualités du monde, nous voici devant des colonnes d’hommes, de femmes et d’enfants sur les routes de l’Europe. Leur marche ne cessent de nous interpeller parce que justement, il s’agit d’exil face à une situation de guerre, de fuite devant la mort ou la persécussion. Quelle sera ma réaction ? Mes pensées, mon action ?

En tant qu’humain, je peux avoir peur : peur de l’autre, de ceux qui ne sont pas comme moi. Ces peurs-là sont largement fantasmées, nourries de démonstration qui n’en sont pas, de discours servant une politique de rejet, de propos haineux et xénophobes. Je peux aussi, au nom de ma propre humanité, m’engager dans une hospitalité réelle, une soif de rencontres et de nouveaux horizons.
Comme croyant, je me rappelle que Dieu est celui qui se souvient de son alliance envers son peuple, pour que celui-ci se souvienne de sa condition, de son passage sur terre, de son exil perpétuel, de son lieu de refuge. « Souviens-toi que tu as été étranger et que c’est en moi que tu as trouvé le refuge » nous dit-il chaque jour.
Cette mémoire nous ouvre à celles et ceux qui s’approchent, dans un double geste d’accueil de ceux qui nous sont donnés de rencontrer, et de confiance en Celui qui vient, au travers de ces frères et sœurs.
Le plus souvent nous mêlons à nos peurs notre amour fraternel, sceau de notre foi. Pour répondre pleinement à notre vocation, n’oublions pas de nous mettre à l’écoute de la Parole, de faire la volonté du Père et de lui demander son soutien. Il en va de notre humanité comme de la crédibilité de nos paroles.

Franck HONEGGER,
président du conseil régional

Réveil - octobre 2015