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Quand Dieu parle (7) Ecoute, Dieu parle en vérité et en liberté

[vendredi 28 février 2014 11:54]

par FULL

« Il dit aux Juifs qui avaient cru en lui : "Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira". » Jean 8.32

« « Je veux être libre, lâche-moi un peu ! » ; « Je te le jure sur la tête de ma mère, c’est vrai ! »… Que d’expressions pour dire à l’autre qu’on a besoin de liberté, qu’on lui parle en vérité... Notions fragiles, piégées par nos mots et nos attitudes, elles sont pourtant symboles de l’homme debout.

Liberté et vérité : deux notions complexes chez les philosophes, arguments de vente chez les marchands de rêve, quêtes jamais assouvies chez l’homme. Finalement, tout dépend de ce qu’on y met derrière. Elles ne se monnayent pas en tout cas et ne sont pas rangées au rayon des biens qui se possèdent ! Comment grandir en liberté sans poser une vérité sur notre vie, un sens qui discernerait ce qui est beau, vrai, bon pour nous et pour ce qui nous entoure ? Comment grandir en vérité sans liberté d’en choisir ?

De quoi parle-t-on ?
La liberté est une notion aux contours flous, facilement manipulable. Où la situer ? Se comprend-elle comme une opposition à toute forme de contrainte et de servitude ? Comme la possibilité d’émettre des choix et de les assumer ? (exercice du libre-arbitre).
Elle n’est pas un don naturel, mais se rêve. Au point qu’il est plus facile de se laisser confisquer sa liberté que de la choisir et de l’assumer. Reste néanmoins au fond de soi, et on le perçoit instinctivement, un lieu autre, disponible, qui met à nu les conditionnements qui entravent : le lieu de la décision libre.
La vérité, elle, est entendue comme la négation du mensonge ou la conformité entre ce qui est pensé, dit, et ce qui est. C’est un peu le gage du bien vivre ensemble. Pourtant, ce qui est vrai est parfois difficilement reconnu, accepté ; l’adage le dit bien : « Toute vérité n’est pas forcément bonne à entendre ! » Il y a cette part de l’humain en nous, cachée, inavouable qui floute certaines vérités. Et nombreux sont les secrets dont nous sommes dépositaires et nous liant au silence des autres. Enfin, la vérité dépend de notre manière d’entendre, de comprendre les paroles, les événements dont nous sommes témoins. Quelles sont nos dispositions intérieures du moment ? Quel est le filtre de notre interprétation du réel ?

Une autre proposition
« Comment dis-tu : Vous deviendrez libres ? » interrogent les juifs (Jean 8.34). Jésus répondra de sa personne, en paroles et en actes. Mais peu l’acceptent. Peut-être, parce que les hommes n’aiment pas ce qui ne dépend pas d’eux-mêmes ou de leurs mérites. Toujours est-il que dans l’Evangile, la vérité (alêthéia en grec) se traduit par « ce qui est porteur de vie ». Ce n’est pas une loi, ni un idéal, pas davantage un rite ou un comportement. « Ce qui est porteur de vie » se rencontre, c’est quelqu’un.
Pour Jean, ce quelqu’un porte un nom : Jésus, qui affirme : « Je suis le chemin la vérité et la vie ! », (Jean 14.6). La vérité serait donc extérieure à nous.
S’y intéresser débouche sur une confrontation qui dérange nos partis-pris, pointe nos pseudo-libertés. A l’opposé d’une vérité tournée vers l’intérêt d’un individu, d’un groupe, d’un consortium, d’un parti, la quête de la vérité au sens biblique cherche, attend, accueille et reçoit ce quelqu’un, cet autre. Tout le contraire du pouvoir, du repli sur soi et de la peur.
Dans cette vérité, un espace pour la liberté se découvre. Il n’est plus sous influence, ne fluctue plus selon nos dispositions, l’envie d’en découdre. La liberté s’ancre ailleurs désormais… « Etre libre ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes » a écrit Nelson Mandela dans son livre Un long chemin vers la liberté, c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ». Vérité et liberté auraient-elle le goût du Tout-Autre et des autres ?

© Réveil - Lire la Bible - mars 2014