Imprimer

Quand Dieu nous parle (10) A travers le don de son esprit

[lundi 9 juin 2014 16:53]

par Christophe COUSINIE

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. » Actes des apôtres 1.8

Le récit de la Pentecôte c’est le récit du don de l’Esprit qui fait parler l’homme. Le don qui rend l’homme libre de parler de Dieu, de rendre témoignage de son fils auprès de ses semblables.

Jésus quitte l’histoire dans le récit de l’Ascension. Le Ressuscité ne peut rester auprès des siens, il faut que le témoignage commence et pour cela il faut libérer l’histoire, il faut laisser la place au récit et à la transmission.
Jésus quitte l’histoire pour que l’histoire commence, Dieu se retire pour qu’à nouveau il puisse surgir dans l’existence humaine.
Le témoignage peut commencer, l’homme peut maintenant parler. L’homme parle, mais non pas de sa propre parole, il parle de la parole de Dieu qui l’a rencontré.

Le don de l’Esprit
Le récit de la Pentecôte, c’est le récit du don de l’esprit qui fait parler l’homme.
Il ne s’agit pas ici de pouvoir surnaturel donné par Dieu pour imposer sa parole au monde. Le récit nous parle de bruits dans le ciel, de souffle violent, d’apparition de langue de feu. Oui cet évènement prend tous les aspects du miraculeux, du surnaturel et de l’extraordinaire et pourtant le don de l’esprit est là pour rapprocher l’Evangile dans l’ordinaire de la parole humaine, dans l’ordinaire de son propre langage.
Voilà où est l’extraordinaire du don de l’Esprit : chacun entend dans sa propre langue.
Non pas qu’il s’agisse de glossolalie, de parler une langue autre que chacun pourrait comprendre, comme une sorte de langue universelle. Il s’agit d’entendre dans sa langue.
Dans les débats qui agitent notre Eglise, on entend souvent dire qu’il ne faut pas adapter l’Evangile au monde mais plutôt voir comment l’Evangile vient résonner dans notre monde. Comme si l’Evangile ne devait être qu’un écho du passé qui résonne telle une cymbale retentissante pour nous faire regarder en arrière.
Certes, il ne faut pas adapter l’Evangile et lui faire dire ce que nous voulons, mais il ne s’agit pas non plus d’en faire une parole du passé qui serait pertinente pour aujourd’hui. Une parole est vivante, elle rencontre, elle se donne dans l’instant. Aujourd’hui l’Evangile doit se dire et il doit se dire pour aujourd’hui.

Pour parler au monde
Il ne s’agit pas de faire de vaines redites d’un texte écrit qui se voudrait vérité absolue dans sa lettre, il s’agit aujourd’hui de retrouver le langage du monde, dire l’Evangile pour notre siècle et dans la langue de ce siècle. L’Evangile c’est un contenu et non pas un contenant, c’est un esprit et non une lettre.
Dire aujourd’hui un Evangile qui parle et qui rencontre, pour dire un Dieu qui parle et qui rencontre.
Dieu nous parle aujourd’hui, il s’adresse à nous dans notre langue, dans notre culture, dans notre quotidien.
Sa parole n’est pas jugement, ni ordre, ni condamnation. Sa parole est bénédiction, c’est une parole qui fait grandir, qui relève.
Son esprit, c’est cette réception que je fais dans mon existence, c’est cette force que je reçois dans mon vécu, dans mon aujourd’hui.
Sans l’esprit de Dieu, nous continuerons à transmettre un Evangile du passé qui n’est qu’un écrit d’un autre temps. Avec l’Esprit, nous annonçons un Dieu qui parle dans le présent. En ce temps de Pentecôte… écoute, Dieu te parle !

© Réveil - Lire la Bible - juin 2014