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Quand Dieu parle (11) Il se promène dans son jardin

[mardi 1 juillet 2014 00:00]

par Eugène PY-KNOERR

« Le soir, quand souffle la brise, l’homme et la femme entendirent le Seigneur se promener dans le jardin. »Genèse 3.8

Quel modèle pour les vacances ? Tout le monde n’a pas la chance de connaître la « castagniccia », un coin de Corse où il fait bon flâner. Il y en a heureusement bien d’autres au monde… Même Dieu a trouvé le sien !

Là, on est dans le jardin d’Eden. Le plus beau jardin possible puisqu’il a été planté par le Seigneur lui-même pour être offert aux êtres humains en cadeau de bienvenue au moment de leur entrée dans le monde (relisez Genèse 2.8 et 9). Mais déjà ce soir-là, l’homme et la femme ont des soucis et cherchent à se cacher. Ils n’auront guère profité du cadeau qui leur a été fait, ayant préféré s’approprier ce qui ne leur était pas donné. C’est le récit bien connu de la tentation. Nous retrouverons l’homme et la femme plus loin.

La balade du Seigneur
Commençons par contempler le Seigneur, se promenant dans le jardin. Pas besoin de préciser que c’est « paisiblement ». Le verbe « se promener » suffit à signifier qu’il n’y a nulle hâte, nul besoin, nulle servitude et qu’au contraire c’est en toute liberté, pour son seul plaisir que Dieu arpente son jardin. Je dis bien « son » jardin, imaginé pour être offert à l’être humain, mais créé par le Seigneur qui en est le seul propriétaire légitime. Une évidence dont il est bon de reprendre conscience quand nous saccageons la création !
Lui, il se promène à l’heure calme du soir, quand souffle la brise et que la balade est particulièrement agréable alors que s’exhalent toutes les senteurs du maquis. Belle illustration de ce que pourrait être un soir d’été, propice à la promenade, occasion de parcourir lentement un coin ou un autre du grand jardin du monde.

Quiétude contrariée
Et dans sa quiétude, dans son « repos », Dieu appelle l’homme et lui demande « où es-tu ? » Parce que celui-là même que la Bible nous propose en exemple, capable de prendre le temps de flâner à l’heure paisible du soir dans les allées du jardin, est aussi celui « qui ne sommeille ni ne dort, lui qui te garde » (Psaume 121.4).
Or l’homme et la femme se cachent. Ils ne sont pas très fiers de se savoir « nus », d’avoir cette connaissance du bien et du mal qui les amène à toujours vouloir tout maîtriser, tout posséder, tout avoir. Ils ont des soucis, l’homme et la femme. Ils sont préoccupés par ce qu’ils ont fait et par les conséquences de leurs actes, de leur choix. Et quand on a l’esprit occupé par un souci, on n’est plus en mesure de jouir tout simplement de la paix du soir. Se promener dans le jardin ? Privilège rare, réservé à qui sait recevoir, le cœur et les mains ouverts, le cadeau que le Seigneur nous fait et qu’il suffit de regarder, de sentir, de goûter, de toucher. Un cadeau très personnel et qui sera différent pour chacun de nous. Mais qui sera toujours à recevoir comme cadeau, donc gratuit, donné, par celui qui a voulu aussi faire du jour du repos, du sabbat, un commandement d’amour.
Alors à l’exemple vivant de ce Dieu qui prend le temps de se promener au jardin dans la douceur du soir nous saurons peut-être aussi rester éveillés et attentifs aux nombreux besoins de celles et ceux que les mois à venir vont nous faire rencontrer (et qui peut-être se cachent parce qu’ils ont peur d’eux-mêmes).

© Réveil - Lire la Bible - été 2014