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Les clés du Royaume (1) Le semeur sortit pour semer

[lundi 1 septembre 2014 00:00]

par Jean-Marie DELCOURT

« Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. » Matthieu 13.23

L'avantage des paraboles, c'est qu'elles permettent plusieurs interprétations. Lorsqu’on évoque la graine et la semence, on peut les appliquer à la personne de Jésus et énoncer les attitudes que l'on a face à lui, et par extension, au Royaume proposé par Dieu. Matthieu 13.18-23

Il y eut de l’hostilité ; le fait surtout de pharisiens et des scribes, des docteurs de la loi, au temps du Christ. Ils n'ont pas accepté son message. Ils n'aimaient pas la façon dont il envisageait la religion. Ils suivaient les préceptes de la Loi, à la lettre. Souvent hypocrites, orgueilleux et sûrs d'être sauvés, Jésus ne les ménageait pas alors qu'eux essayaient par tous les moyens de lui tendre des pièges.

Incompréhension
Les apôtres et les disciples n'ont pas toujours compris directement ce que Jésus disait. Le récit des Évangiles et des Actes est rempli de ces malentendus entre lui et ses auditeurs.
Après la multiplication des pains, le peuple veut le faire roi, Jésus lui, se dérobe. Il ne veut pas jouer un rôle politique, il n'est pas un roi comme les princes de ce monde. Il est venu annoncer le Royaume de Dieu, une invitation d'abord spirituelle, même si porteur d’un ensemble de valeurs dont les royaumes terrestres auraient bien intérêt à s'inspirer. « Mon royaume n'est pas de ce monde ! », dira-t-il à Pilate qui l'interrogeait sur sa royauté.
Quand Hérode, lors de la passion, l'invite à faire un miracle, il se tait. Le Christ ne fait pas de miracles pour amuser la galerie, ce n'est pas un prestidigitateur, il veut d'abord atteindre les cœurs de ses auditeurs et les convertir à sa parole, voilà le vrai miracle.

Indifférence
Beaucoup sont indifférents à la parole de Jésus parce qu'elle gène aux entournures, elle les interpelle dans leur façon de vivre. A suivre le Christ, on finit par être transformé soi-même et être invité à transformer nos relations aux autres : attention, générosité, sincérité, serviabilité… Il nous parle de pardon, d'amour des ennemis. Des comportements qu'il n'est pas facile de suivre, ni de vivre, et qui pourtant, donnent une idée du Royaume voulu par Dieu. Alors, c’est vrai, on préfère ne pas l'entendre, on préfère ne pas trop aller au fond des choses, se détourner de son message.
On pourrait le qualifier de subversif et même de révolutionnaire si le mot n'était pas galvaudé. C'est un message qui met tout à l'envers : qui place les enfants, les malades, les handicapés, les étrangers à la première place alors que l'on a tendance à les rejeter comme inutiles et improductifs. Cet appel du Christ, souvent lancé dans le désert car à contre-courant de nos tendances naturelles devrait cependant nous inviter à la conversion de nos intentions, de notre manière de vivre si nous nous reconnaissons enfants du Père.

Accueil
Lorsque Jésus évoque le disciple qui accueille sa parole avec ferveur et attention et qui tente de la mettre en pratique, il parle du chrétien, tenté par le Royaume, qui vit de l'Evangile, qui prend comme modèle le Christ et comme idéal de vie son message. Il se demande avant d'agir, de réagir à un événement, avant de prendre une décision importante : « Qu'est-ce que le Christ aurait fait à ma place ? » Le terme « chrétien » vient d'ailleurs du mot Christ. Un peu à la manière de Paul qui disait : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi », Galates, 2.20.

© Réveil - Lire la Bible - septembre 2014