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Les clés du Royaume (3) Trois paraboles lues ensemble

[samedi 1 novembre 2014 00:00]

par Christophe COUSINIE

Réveil Lire la Bible, novembre 2014 © Kiya Grafica - Fotolia.com

Après la parabole du semeur qui introduit la série de paraboles du Royaume en parlant de l’écoute de la parole du Royaume, Jésus ne va dire que le Royaume c’est ceci ou c’est cela, il ne va pas donner de définition mais, il introduit les trois paraboles en disant : le Royaume « ressemble à ». L’ivraie, le grain de moutarde et le levain en Matthieu 13.24-35 doivent donc être lues ensemble, en lien.

La première nous dit : « Il ressemble à un homme qui sème ».
Il est donc quelque chose que je peux faire venir mais où je dois être en même temps dans l’attente. Dans cette parabole, le bon et le mauvais sont mélangés mais le bon ne se verra que plus tard. Ainsi il ne faut pas s’essouffler dans un combat contre le mal, ce n’est pas un combat, c’est une action et une attente, c’est un engagement « pour » et patience « malgré ».

Inattendu et déplacement
La deuxième parabole nous dit : « Il ressemble à une graine qu’un homme sème ».
On note déjà une progression, un léger décalage ou du moins un regard différent. On ne regarde à partir de l’homme (qui sème) mais à partir de la semence (semée par l’homme).
Le Royaume est donc à regarder comme extérieur à moi et à mon action. Il suffit d’accueillir ce qui est donné, sans question, presque de manière naïve.
La graine est semée et nous ne sommes maîtres de rien. Mais la parabole va ici plus loin. Cette petite graine devient un arbre et le champ n’est plus champ mais devient forêt. Ainsi vivre le Royaume, c’est aussi accepter l’inattendu qui vient et peut être voir un bien même si l’apparence est mauvaise, différente de ce qui est attendu. L’arbre qui détruit le champ devient abri pour les oiseaux du ciel.

Le Royaume : un espace de transformation
La troisième parabole compare le Royaume à du levain qu’une femme met dans la pâte.
A première vue, rien à voir avec les paraboles précédentes qui parlent d’ensemencements. Et pourtant cette parabole est la plus parlante et vient éclairer les deux (voir les trois) dernières.
Ici, le Royaume n’est plus à attendre ou à vivre maintenant, il est les deux à la fois, il est ce qui relie « le déjà là » et « le pas encore » : il est le changement.
Plus question d’homme mais de femme (l’origine de l’homme), plus question de graines mais de farine, plus de champ, plus de blé car il est devenu autre chose : du levain.
Et le texte nous dit que le mélange lève.
Peut-être, alors, que le Royaume c’est être comme cette pâte ? C’est du pas grand-chose qui devient autre chose, qui devient un accompli. Vivre le Royaume, c’est être dans cet espace qu’il y a entre le blé récolté et le pain cuit, dans tout ce processus qui conduit d’un état à un autre. Dans une attente de quelque chose qui est déjà là, en germination, en « lèvement ».
Le Royaume c’est le mouvement de transformation, à l’image de ces paroles. L’homme devient femme, le blé devient levain, la farine devient une pâte levée.
Ces trois paraboles nous invitent donc à vivre le royaume comme transformation, changement de regard.

Si je veux…
Si je veux un champ de blé, je dois accepter la mauvaise herbe.
Si je veux un champ de moutarde, je dois accepter qu’il devienne foret.
Si je veux être levé, relevé, je dois laisser agir la parole et accepter de changer en moi et d’accepter une autre logique.
Le Royaume ressemble à cet espace de transformation, entre le « ici et maintenant » et le « ailleurs » dans le relèvement.

© Réveil - Lire la Bible - novembre 2014