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Les clés du Royaume (4) L’espace du Royaume

[lundi 1 décembre 2014 00:00]

par Christophe COUSINIE

Réveil Lire la Bible, décembre 2014 © Joachim Martin - fotolia.com

Pour clore le chapitre des paraboles sur le Royaume de Dieu, l’évangéliste Matthieu continue ses comparaisons avec des situations de la vie courante. Les trois paraboles, du trésor, de la perle et du filet, sont aussi liées. Elles montrent l’espace dans lequel il peut se trouver.

Les deux premières paraboles nous présentent une sorte de progression en Matthieu 13. 44-55. Il est question d’un trésor qui est caché, puis trouvé et caché à nouveau. Il y a ensuite la perle qui est cherchée et qui est trouvée. Matthieu nous invite donc à voir le Royaume dans cette progression de l’acquisition.
Il n’y a pas là de connotation économique ; c’est un processus qui montre comment chacun peut recevoir cette réalité du Royaume.

Dans ce que l’on cache
Peut-être y a-t-il là la trace d’une radicalité qui transforme. Lorsque ce Trésor est découvert, lorsqu’il y a le saut qualitatif, qu’on pourrait appeler la conversion, la première des choses qui vient est le désir de le cacher.
Le caché, non pas pour ne plus le voir, mais pour attendre le moment propice pour profiter pleinement de ce trésor découvert.
Le Royaume est alors cette réalité intime qui vient dans ce qui est le plus caché en moi, dans ce qui vient comme nouvelle réalité mais qui doit d’abord être accepté. Cette profonde joie qui surgit du plus caché de mon être ne peut éclater. Elle ne peut que se préparer à éclater au grand jour.

Dans ce que l’on cherche.
La seconde parabole parle de cette perle de grand prix enfin trouvée ; une image de ce saut qualitatif que provoque la découverte et le vécu du Royaume. La perle vient comme la seule chose qui pouvait manquer à l’existence ; une toute petite chose au final : essentielle.
Quand on fait ce saut qualitatif de la foi, c’est comme trouver la perle, et déjà vivre cette réalité du Royaume en tant que réalité autre. Le Royaume est donc ce que l’on cherche, sans le vouloir forcément consciemment.
Matthieu place toujours le Royaume dans un « entre deux ». Il est aussi dans ce qui est jeté et ce qui est ramené. Si d’un côté on ne peut rien faire pour avoir le Royaume, s’il se laisse découvrir, de l’autre il est la réponse à une recherche consciente. L’existence en quête de sens jette ses filets comme autant de questions et d’appels et à ce moment-là le Royaume vient comme autant de réponses qui viennent faire sens dans l’existence.

Entre le vide et le plein
Le lien le plus apparent entre ces trois paraboles réside dans cette idée du Royaume qui se trouve dans cet écart entre le vide et le plein.
Quand le trésor est trouvé, il faut le cacher le temps de pouvoir le posséder. Le texte dit que l’homme vend tout et achète le champ. Il fait de la place pour la combler d’autre chose : un champ dans lequel est le trésor. Il fait le vide pour faire le plein. Dans le plein d’une recherche incessante de la perle de grand prix, le marchand aussi fait le vide en vendant tout pour remplir son vide de la seule chose qu’il désire. Il fait le vide de sa recherche et le plein de ce qui est trouvé.
Faire le vide et le plein et trouver entre les deux le Royaume est ce que nous dit la dernière parabole.
Le Royaume est un mouvement : il n’est pas ceci ou cela, il se cache et il se trouve, il est dans le vide et dans le plein. Non dans l’un ou dans l’autre mais dans l’un et dans l’autre, dans « l’entre deux ».

© Réveil - Lire la Bible - novembre 2014