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Les clés du Royaume (5) Un disciple du Royaume : le scribe

[jeudi 1 janvier 2015 00:00]

par Jean-Marie DELCOURT

Réveil Lire la Bible, janvier 2015 © daseugen - fotolia.com

Lorsque Jésus clôt son enseignement donné à travers les paraboles du Royaume en Matthieu 13, il envoie ses disciples en mission en insistant : si vous avez saisi le sens de mes paroles, si vous avez vraiment compris mon enseignement, alors vous serez comme un scribe qui a été instruit des choses qui regardent le royaume des cieux. Le scribe partage ses connaissances avec celui qui vient le trouver.

« Le scribe devenu disciple du Royaume des cieux est semblable à un propriétaire qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes ». (Matthieu 13.51-55) Comment cette petite comparaison, un peu énigmatique, fait-elle le portrait du disciple de Jésus, en un mot du chrétien et même du prédicateur ?
Le trésor, ce sont les traditions bibliques dans lesquelles il peut puiser, pour nourrir sa foi, du neuf et de l'ancien. Du neuf, en découvrant la nouveauté de message évangélique et son intérêt pour le monde d'aujourd'hui. De l'ancien, car son travail d'interprète doit se faire dans la fidélité aux racines de la foi. L'évangile est un texte qui a plus de deux mille ans d'âge, écrit et prêché dans la mentalité juive du temps de Jésus ; à savoir une société rurale, artisanale et sensible au merveilleux. Ce langage peut parfois déconcerter mais, à dépasser son caractère désuet, on découvre une parole d'une incroyable actualité qui offre la possibilité de guérir les maux de notre civilisation.

Sagesse cachée
Pour paraphraser Jésus, le disciple du Royaume est une sorte d’antiquaire qui découvre au fond d'un grenier, un meuble ancien recouvert de plusieurs couches de peinture et qui, de ce fait, a perdu une grande partie de sa valeur. Pour retrouver la beauté de ce meuble, l'artisan va le décaper et faire apparaître le bois d’origine, un peu craquelé, mais combien plus beau, trouvant, même sa place dans un décor contemporain. Ainsi en est-il de la Parole de Dieu, quand après une interprétation sérieuse, elle nous fait voir une grande sagesse dont nous pouvons encore nous inspirer aujourd'hui.

Sagesse intacte
« Le sabbat a été fait pour l'homme », dit Jésus qui nous rappelle ainsi cette vérité fondamentale : si l'homme doit travailler pour vivre, il ne doit pas seulement vivre pour travailler. Sa vocation dépasse largement le domaine de l'économie. Le dimanche n'est pas seulement un jour réservé au culte mais, il joue aussi un rôle social indispensable dans notre société productiviste.
En disant « l'homme ne vit pas seulement de pain », il affirme que l'homme a autant besoin de raisons de vivre que de moyens d’existence. Il existe une soif de spiritualité non assouvie dans notre époque matérialiste.
L'homme contemporain souffre de deux carences : l'insatisfaction de l'avoir et l'insuffisance de l'être.
Lorsque Jésus dit : « rendez à César ce qui est à César... », il n'invente pas seulement la laïcité, la séparation entre l’Eglise et l’Etat, mais il condamne toute forme d’idolâtrie, car la citation sous-entend : ne rendez pas à César un culte qui doit être rendu à Dieu. Par cette affirmation, « ce que je désire, ce sont des adorateurs en esprit et en vérité... », il fait entrer la religion chrétienne dans la modernité avant la lettre, en désacralisant à la fois l'espace, les temples, les objets du culte et même le clergé, ce que le protestantisme appliquera à travers le sacerdoce universel des baptisés.
A vous de poursuivre la liste des propos novateurs et subversifs de Jésus.

© Réveil - Lire la Bible - janvier 2015